
Le
demi-Siècle est né en 1948. Entre
diverses personnalités du secteur public et du secteur privé, s’est développé
alors le sentiment que l’après-guerre , dominé par l’impératif de la
reconstruction, allait céder la place à une véritable reconfiguration de la société , dans laquelle
il faudrait mobiliser toutes les
énergies et toutes les compétences :et que ceci ne se ferait pas
par décret, mais par la mise en commun de talents complémentaires , de
rencontres et d’ échanges dépassant les clivages institutionnels habituels .
En
France l’idée dominante était ( et l’est encore parfois ) qu’il y a des gens pour réfléchir et des gens pour agir. Deux mondes
différents , inaptes à dialoguer . Pour contrebattre cette idée , il s’est
trouvé quelques esprits convaincus du contraire : estimant que ce ne sont
pas les machines qui mènent le monde mais les idées et les croyances , mais que
celles-ci avaient besoin d’être incarnées dans le réel. Ce qui voulait
dire : approche pragmatique , démarche de praticiens.
Il
fallait , pour réaliser ce rêve, un esprit pionnier . Ce fut d’abord –et ce
l’est toujours –l’amitié. Il fallait aussi une « philosophie « :
l’humanisme . Moins au sens littéraire du terme qu’au sens de patrimoine :
défense et développement de valeurs communes , indispensables dans un monde de
plus en plus technique et parfois menaçant ( c’était l’époque de la guerre
froide ). Le cercle initial était composé de cadres ayant atteint cinquante
ans : d’ou le nom de Demi-Siècle. Les pères fondateurs se baptisèrent
« Jubilaires «
Le
Demi-Siècle de 2007 cultive plus que jamais les valeurs définies en1948. En
accueillant à titre de membres associés des personnalités plus jeunes , appelés
à devenir jubilaires ultérieurement, il se porte à l’écoute
de l’actualité. Mais le souci dominant reste l’humanisme : le monde
qui paraissait complexe au sortir de la guerre est devenu totalement
« technologique » et parfois illisible . Le système éducatif pousse à
la spécialisation, alors que le besoin le plus vif , en France comme ailleurs ,
est celui d’un fond commun de réflexion. D’où la volonté, chez les Jubilaires ,
de mettre l’accent sur la culture . Au Demi-Siècle , la culture n’est pas la
distribution de connaissances des savants aux béotiens : la culture est un
échange permanent, un jeu d’allers et retours . Elle est délibérément transversale,
et c’est ce qui fait son prix.
Le
Demi-Siècle a d’abord été masculin, et parisien . Pas longtemps .
Aujourd’hui ,l’accueil des femmes est entré dans les mœurs , souhaité et
recherché. Quant à la politique de développement en réseau, dont tout le monde
se prévaut aujourd’hui, la position du Demi-Siècle fut prémonitoire . La manie
centralisatrice , renforcée par l’omniprésence de l’Administration en France ,
étaient autant d’obstacles . Ils furent progressivement balayés ,de sorte que
le demi-Siècle forme aujourd’hui une constellation qui dépasse , et de loin, le
noyau parisien initial .Il est présent à Nice , Tours , Londres , Stockholm, et
des pourparlers sont en cours en Europe.
Chaque
cercle a sa propre personnalité et sa propre organisation. Le cercle de Paris
joue son rôle de fédérateur de façon souple . L’accueil des Jubilaires de
province ou des pays voisins est fréquent , de même que les voyages et visites
.
Les
activités du Demi-Siècle , à Paris, ont plusieurs facettes :
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Les déjeuners mensuels , au cours desquels un orateur , quelquefois jubilaire
mais le plus souvent extérieur ( dirigeant public ou privé, universitaire,
magistrat , scientifique ….) nous entretient de son métier et ouvre la
discussion ( cf. les « minutes « dans notre bulletin )
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les visites à caractère culturel : musées , monuments historiques ,
expositions , avec le concours de spécialistes commentateurs
----les
voyages au – delà de nos frontières
,préparés par des équipes réunissant les meilleures compétences
professionnelles . Parmi les exemples récents : Saint- Petersbourg, Cracovie, Kiev et Odessa etc
…cf. compte -rendu dans le Bulletin
Le
Demi-Siècle entretient , en permanence , un réseau de relations
internationales, principalement à travers ses antennes dans les pays voisins
mais aussi avec les Etats –Unis .
Au
moins une fois l ‘an, un dîner de gala donne l’occasion d’inviter un
ambassadeur en poste à Paris : les jubilaires peuvent avoir ainsi un débat
sans langue de bois et remédier à la tentation trop fréquente de l’auto-
satisfaction sur leur propre pays.
C’est
l’échange culturel par excellence .
L’attribution
de prêts d’honneur permet à de jeunes « entreprenants » de démarrer
des projets personnels dont ils ont démontré la viabilité. C’est le moyen pour
le Demi-Siècle de faire la jonction entre les responsables que sont les jubilaires et ceux qui prendront
le relais .C’est aussi le moyen de
transmettre , si possible , l’esprit de ce cercle : cet esprit
humaniste qui sera de plus en plus indispensable dans un monde de plus en plus
technique .
Résumons :
Humanisme , culture transversale , développement en réseau, ouverture sur le
large , main tendue aux jeunes : telles sont les lignes directrices du
Demi-Siècle . En un mot :
comprendre la société d’aujourd’hui , préparer la société de demain .